MARTINO NICOLETTI, « DIRE L’OMBRE » : QUAND LA PRATIQUE ARTISTIQUE DEVIENT UNE NÉCESSITÉ ETHNOGRAPHIQUE

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MARTINO NICOLETTI, « DIRE L’OMBRE » : QUAND LA PRATIQUE ARTISTIQUE DEVIENT UNE NÉCESSITÉ ETHNOGRAPHIQUE 2017-12-01T22:30:52+00:00

Project Description

MARTINO NICOLETTI, « DIRE L’OMBRE » : QUAND LA PRATIQUE ARTISTIQUE DEVIENT UNE NÉCESSITÉ ETHNOGRAPHIQUE (UN ÉCRIT À LA MÉMOIRE DE PHILIPPE SAGANT), PARIS, LE LOUP DES STEPPES, 2017

Sur la base d’un roman de fiction inspiré de l’histoire réelle de l’anthropologue britannique Arthur Bernard Deacon (1903-1927) et de ses recherches sur les populations de l’Ile de Makelula (Nouvelles Hébrides – Vanuatu), cet écrit illustre comment la pratique anthropologique et artistique peuvent dialoguer afin de donner vie à un nouveau langage expressif.

« Je me souviens que Philippe Sagant aimait souvent répéter : ‟…c’est surtout quand vous vous trouvez en face d’une contradiction, qu’il faut forcer la main et avancer. Chaque contradiction est en effet la porte d’accès à un autre système de pensée…”. Cette phrase m’a martelé sans cesse dans le cerveau pendant des années et des années. Elle m’a suivi dans toutes mes expériences de terrain comme un compagnon, comme un conseiller parfois, comme un caillou gênant dans mes chaussures dans bien d’autres occasions.

Elle m’a suivi jusqu’au moment crucial où il a été évident pour moi que l’approche, ainsi que le langage utilisés par moi afin de donner forme et communiquer les résultats des mes recherches, commençaient eux mêmes à présenter des contradictions : en effet, ils ne semblaient plus être les outils les plus adaptés pour dire ce qui demeurait à l’intérieur même des plis de la recherche, un ensemble vaste d’éléments dispersés, référés aux aspects les plus personnels, intimes et parfois contradictoires de l’expérience du terrain (…).

Dans mon expérience, je savais que si je voulais dépasser cette impasse, aller au-delà de ce brûlant sens d’inachèvement et de frustration qui se manifestait à chaque fois qu’en mettant un point final à un essai ou à un article je sentais clairement que « quelque chose » manquait, je devais obligatoirement franchir le seuil d’un nouveau territoire. Un endroit inconnu et étranger pour moi. Incertain et hautement dangereux au début, qui toutefois était apparemment le seul à pouvoir parcourir pour continuer à voir, à trouver et à donner un sens.

Ce nouveau territoire était pour moi celui de l’art : l’estuaire naturel où pouvoir poursuivre d’être anthropologue sans le risque de sentir ma recherche amputée en tant que chercheur et homme ».

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